Outplacement

Période difficile

Lors de mon départ… pas vraiment souhaité, j’ai réussi à négocier le paiement par mon ex-employeur d’un Outplacement dans un cabinet de grande renommée.

C’est un exercice difficile.

Lorsque l’on est viré, après 20 années de bons et loyaux services, on souhaite tourner la page le plus rapidement possible afin de mettre toute son énergie dans sa recherche de nouvel emploi. C’est tout à fait louable.

Cependant, l’accompagnement en Outplacement met un frein énorme à cette phase.

En effet, afin de ne pas se retrouver dans un emploi qui aurait la même structure, et la même finalité, le coach nous fait travailler sur les derniers postes que l’on a occupés avec une description approfondie des tâches, des résultats, des aspects positifs et négatifs.

C’est tout à fait nécessaire et je le comprends bien, mais c’est également douloureux et difficile à expliquer à son entourage.

« Comment ça ? tu ne veux pas transmettre ton CV à Christophe alors qu’il te l’a proposé ? et pourquoi ? »

Ben, il faut d’abord que j’accouche de moi-même avant d’être prêt pour un renouveau, construit sur des bases solides, et ça prend du temps.

J’y travaille…

Publicités

ADN

adnAu bout de 20 années dans une entreprise, on a la facheusse habitude de faire entrer cette entreprise dans tous les interstices de sa vie. Dans la cuisine grâce à des mugs publicitaires, dans les amitiés : et oui, qui est cette personne exactement pour moi ? un ami ? un collègue ? un ex-collègue ?

L’entreprise entre également dans le language. A …. on fait comme ci, à …. on a fait ça.

Le langage est difficile à changer. Je me prends à dire encore « on » ou « nous » lorsque je mentionne mon ex-employeur. C’est un travail au quotidien que de se reprendre.

En fait, il ne s’agit pas simplement de mentionner systématiquement son ancien employeur dans les conversations mais il s’agit ici de se libérer de son ancien employeur/tortionnaire. De ne plus être responsable de leurs décisions, de ne plus s’excuser lorsque des clients ont eu des mauvaises expériences. Cela fait partie du processus de deuil. Le lien doit être coupé. Même si ce lien a été maltraité et violemment déchiré, il reste des bribes qu’il convient de détacher, avec respect et sans haine.

Ils ne valent pas la peine que j’utilise mon énergie à les haïr.

bon vent…

Lettre thérapeutique

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Comment ai-je pu être surpris par ce qui m’est arrivé ?

N’importe quel lecteur de ces lignes pourrait me dire : « et bien, ça ne m’étonne pas, c’était évident ».

Bon, et bien, de mon côté, je pense que je devais encore croire à la justice supérieur. Je devais entendre ma maman qui disait « si tu travailles bien, tu seras content de toi, et tu seras récompensé ».

J’ai été absent quelques mois pour des raisons familiales et, à mon retour, on m’a clairement indiqué qu’on avait plus besoin de moi.

Quelles sont les émotions que je ressens ?

Beaucoup de sentiment d’injustice. De très nombreuses fois, les RH m’ont dit « délègue, fait confiance ». OK. C’est ce que j’ai fait. J’ai du travailler énormément sur moi-même pour accepter que les choses ne soient pas faites comme je le souhaite initialement. Beaucoup de lâcher prise, en se disant que les choses pouvaient tout à fait être bien faites même si je les aurais faite totalement différemment.

Avant mon absence de longue durée, j’ai donné toutes les clés. Ils en ont profité pour changer les serrures.